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Journal des jeûneurs - 26 mars


Lundi 26 Mars

Journée de repos pour les grévistes, nous avons quand même passé du temps derrière nos claviers d’ordinateurs à communiquer. Nous avons eu également pas mal de visite des gens du quartier qui entrent signer la pétition et discuter.

Un film, sur notre action à la cité des sciences a été réalisé, vous pouvez le voir sur : http://6.upload.dailymotion.com/reg...

Mardi 27 mars, 14° jour de grève de la faim pour un moratoire sur les OGM avant les semis du printemps

POURQUOI UN MORATOIRE IMMEDIATEMENT ?

La population et les paysans français ne veulent pas d’OGM dans les champs et les assiettes.
Depuis 10 ans, l’opposition de la population et des paysans français à la présence d’OGM dans les champs et les assiettes ne cesse de se renforcer. Les derniers sondages montrent que 86 % des Français n’en veulent pas et que 62% des agriculteurs sont favorables au moratoire.

Risque pour la santé inacceptable
Le seul OGM disponible pour la culture actuellement en France, le maïs insecticide Bt MON 810, est un très proche cousin du maïs insecticide Bt MON 863, dont une étude scientifique récente a révélé qu’il provoque des lésions rénales et hépatiques chez les rats qui le consomment (Séralini/Greenpeace). Le MON 810 n’a jamais été évalué sur ses effets à long terme sur la santé et l’environnement. Autorisé en 1998, il n’a pas eu à se plier à cette exigence imposée uniquement depuis 2001. Sa culture et sa consommation représentent un risque criminel pour la santé des consommateurs et est contraire au principe constitutionnel de précaution.

Contamination des cultures conventionnelles et biologiques certaine
De nombreuses études scientifiques montrent que rien ne peut arrêter le vent ou les insectes qui disséminent les pollens. Des ruches situées à plus d’un km d’un champ de maïs transgénique contenaient cet été dans le Lot et Garonne 40% de pollen contaminé (prélèvement sous constat d’huissier à l’appui). Un scientifique de Bordeaux, Yves Brunet, a montré que les pollens de maïs pouvaient s’élever jusqu’à 1800 mètres d’altitudes et se redéposer à plusieurs km pour féconder d’autres plants de maïs. La récente contamination massive des riz conventionnels américains par des essais de riz transgénique a provoqué un effondrement brutal de leurs ventes sur le marché mondial. De nombreux fermiers américains sont en faillite et ont porté plainte contre leur gouvernement et contre la firme Bayer responsable des essais. Tout montre que la « coexistence » est impossible et que la culture d’OGM en milieu ouvert est une atteinte à la liberté de choix des agriculteurs et des consommateurs qui n’en veulent pas.

Perte des marchés de l’agriculture française
Les agriculteurs français vendent l’essentiel de leur production en France et en Europe, marchés qui ne veulent pas d’OGM. Tout risque de contamination provoquera une perte de confiance des consommateurs et la ruine de milliers de paysans. L’agriculture française a tout intérêt à jouer la carte de son marché le plus rémunérateur plutôt que de risquer de le perdre en courant après une niche peu rémunératrice qui n’enrichira que les firmes semencières.

Confiscation du vivant par le brevet
Avec les OGM, des plantes capables de se reproduire seules sont pour la première fois dans l’histoire française protégées par un brevet. Des citoyens toulousains, qui ont ramassé une poignée d’épis de maïs transgénique tombés à terre après la récolte, au mépris des normes de broyage/enfouissement après essais prévue par la loi, sont poursuivis ce 27 mars par la société Pionner propriétaire du brevet pour « vol de propriété intellectuelle ». Les paysans dont les champs seront contaminés contre leur gré par des gènes brevetés pourront être également poursuivis.

Aucun cadre légal solide
Devant les scandales de l’insuffisance et de la falsification des résultats des évaluations réalisées par les firmes, le système d’évaluation européen est en train d’être réformé. Les députés français ont refusé de voter la loi de contamination généralisée proposée par le gouvernement. Les décrets récemment publiés sans débat démocratique ne résolvent aucun problème. Il n’existe toujours aucun cadre légal sur la responsabilité et la réparation des dommages sanitaires, environnementaux ou économiques résultant de cultures d’OGM.

Coup de force
Dans ce contexte, les grosses coopératives semencières françaises incitent pour la première fois en 2007 leurs adhérents à cultiver du maïs transgénique et s’engagent à collecter leur récolte. Elles annoncent pour 2007 la culture en France de 30 à 50 000 hectares de maïs transgénique. Elles espèrent généraliser ainsi les contaminations pour forcer le législateur à accepter les cultures d’OGM. Cette stratégie du fait accompli est inacceptable et criminelle.

Guerre dans les campagnes
La majorité des paysans français ne veulent pas cultiver d’OGM et n’acceptent pas les risques qu’engendre pour eux un tel coup de force. Les menaces de conflits entre paysans adhérents à la même coopérative et habitant le même village se généralisent et les tensions se font de plus en plus sentir, notamment dans le Sud Ouest. Cette situation constitue une menace profonde de déstructuration du tissu rural français.

L’enjeu européen et mondial
L’Autriche, la Hongrie, la Pologne, la Grèce et l’Italie ont adopté des lois pour refuser les cultures OGM. L’Angleterre, qui les soutient chez les autres, les interdit sur son propre territoire. Seule l’Espagne en cultive aujourd’hui. Si la France, principal producteur européen, s’y oppose, l’Espagne ne pourra pas faire longtemps cavalier seul. L’Europe restera le seul territoire important sur la planète libre d’OGM, sur lequel pourront continuer à s’appuyer les pays du Sud qui refusent de se soumettre à la confiscation du droit des peuple à la souveraineté alimentaire par les brevets de quelques multinationales. Si la France bascule dans les OGM, les conflits alimentaires se généraliseront.

Une seule solution : le moratoire
Conformément à la réglementation européenne et notamment à l’article 23 de la directive 2001/18 sur la « clause de sauvegarde », l’Autriche et la Hongrie ont pris un moratoire sur les cultures des maïs transgéniques actuellement autorisées en Europe. Le Conseil européen de l’Environnement a récemment approuvé ces moratoires grâce entre autre à un vote favorable du représentant de la France. Rien n’empêche le gouvernement français de faire une notification semblable à la Commission européenne, comme il l’a déjà fait pour le colza. Ce moratoire doit être pris avant les semis qui débutent en avril, après il sera beaucoup plus difficile d’exiger l’arrachage des champs déjà plantés. C’est donc le gouvernement actuel dirigé par l’UMP qui doit prendre cette décision avant les élections du mois de mai.

Un seul candidat encore hésitant sur le moratoire : Nicolas Sarkozy
Tous les candidats à l’élection présidentielle se sont prononcés pour le moratoire à l’exception de celui de l’UMP. Son souhait est-il de laisser au successeur de Jacques Chirac une situation ingérable ? Il reste aujourd’hui quinze jours pour le convaincre.

les grévistes de la faim